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27.06.2007
Seniors - Retraites - Loi FILLON...
"Le constat de l'échec de la Loi Fillon" Challenges.fr | 27.06.2007 | 13:38
Par Catherine Mills, maître de conférence honoraire à l'université de Paris 1-Panthéon Sorbonne, économiste spécialiste de la protection sociale, coauteur de "Protection sociale : économie et politique, débats actuels et réformes" (Ed. Gualino, 2006).
Si la dégradation de 2 milliards d'euros des comptes de la branche maladie est connue, la presse révèle ce matin que l'assurance-vieillesse afficherait, elle aussi, un déficit. Doublé à 4,5 milliards. Pour quelles raisons ?
Ces chiffres sont le constat de l'échec de la Loi Fillon sur les retraites [qui prévoit de retarder l'âge de départ en retraite à 41ans en 2011 pour bénéficier d'une pension à taux plein, voire à 42 ans en 2020, ndlr], qui prétendait être le seul moyen possible de rétablir l'équilibre financier dans les comptes de la Sécurité sociale.
A l'époque, j'avais déjà souligné que cette loi n'était pas financée: il manquait un tiers de son financement.
Le seul moyen d'assurer le financement des retraites par répartition est la croissance.
Il y a des problèmes démographiques, avec l'arrivée à la retraite de générations pleines nées après 1945 et, en même temps, ceux qui pourraient cotiser sont des générations plus creuses. Parallèlement, la population en âge d'être active et qui doit cotiser rencontre le chômage et le ralentissement de la masse salariale (temps partiel contraint…).
Tout cela prive l'Assurance-maladie de ressources, et notamment l'assurance-vieillesse.
Or le danger principal réside ici dans le fait d'utiliser ces déficits pour mettre en place des mesures radicales notamment un système de retraite principalement par capitalisation.
Le Plan pour l'emploi des seniors, censé justement retarder l'âge de départ à la retraite et donc favoriser l'activité, n'a eu que peu d'impact. Quelles mesures préconisez-vous alors ?
La question de l'emploi des seniors est effectivement cruciale.
Les entreprises tendent à se débarrasser de leurs travailleurs âgés grâce à un certain nombre de dispositifs existants. Et ces derniers vont coûter à cause de leur mise au chômage, de leur cessation anticipée d'activité [négociée au niveau des branches professionnelles et des entreprises, ndlr], de leur préretraite.
Ce que je préconise, donc, c'est une formation à tous les âges de la vie, y compris pour les seniors.
Car il y a contradiction à vouloir augmenter le temps de travail et la durée de cotisation pour une retraite à taux plein mais, dans le même temps, ne pas créer les conditions pour que ceux-ci travaillent.
Il faut une sécurisation de l'emploi et de la formation, aussi appelée sécurité sociale professionnelle...
Propos recueillis par Flore de Bodman (le mardi 26 juin 2007)
16:25 Ecrit par JPA dans Dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : emploi, chômage, ANPE, ASSEDIC, Portage Salarial, cadre, seniors


